Le Tir Instinctif…mais c’est très simple…par Pierre A. Sallin

Parlons du tir instinctif.

 Peu pratiqué dans l’ensemble de nos différents clubs (sauf au CDAG), le tir instinctif mérite toutefois une place honorifique dans l’art subtil de l’archerie

Mais au fond comment ça marche ?

Au premier abord, nous restons perplexes devant la simplicité de l’équipement, qui ressemble étonnamment à l’arc de notre enfance, fait d’une branche de noisetier, d’une ficelle et d’une flèche improvisée. Et pourtant c’est le même arc, nonobstant quelques progrès technologiques.

On ne peut rien lui enlever, et l’on ne veut rien lui ajouter.

 Pour la technique, qui mieux que Fred Asbell a su mettre les choses aux points :

“le tir instinctif consiste à tirer la flèche là où vous regardez.

Il faut se concentrer sur le point à atteindre, et laisser le cerveau commander le bras d’arc, qui lui dit, c’est là – et c’est tout”

Par la pratique et l’entraînement régulier, la gestuelle devient un simple réflexe, plus besoin de réfléchir.  Pourquoi ?

Parce que le cerveau dans sa partie “Cortex” enregistre les phases de votre gestuelle. Puis comprend le programme que vous voulez élaborer, dès lors sa fonction d’analyste n’a plus de raisons d’être. Il établit définitivement votre programme et le transmet à la partie du cerveau dite instinctif. Vous n’avez plus à réfléchir sur la suite opérationnelle, votre cerveau le fait instinctivement pour vous, la confiance dans le geste devient totale.

Dès l’ancrage obtenu, la décoche est immédiate. Le tir est donc rapide.

Mais si une pensée interfère dans le style : je suis trop bas ou trop haut, trop à gauche ou trop à droite, c’est l’échec, voir la paille.

Le geste doit rester parfaitement inconscient.

Pas de position académique, pas de stade successif, comme : armage, ancrage, visée et décoche, simplement un geste fluide et continu où la décoche est involontaire.

Bien sûr les résultats sont sensiblement moins réguliers que ceux qui sont obtenus par le tir assisté, qui corrige et pallie les erreurs humaines, mais le tir instinctif est aussi précis que le tir assisté, une flèche tirée correctement atteindra invariablement son but.

Puisque sans assistance, la moindre erreur du tireur instinctif se traduira inéluctablement par une punition.

L’erreur classique pour un tireur instinctif est de vouloir faire des “points”, il tente de s’appliquer, il résonne, compare et par là étouffe son instinct, ne lui fait plus confiance et les résultats espérés s’évanouissent.

Mais dès lors qu’il se laisse paisiblement guider, il atteint cet instant de plénitude, de magie, de parfait bonheur où la flèche, docile, rejoint son regard.

Devenir un bon tireur à l’arc est relativement facile, devenir bon tireur instinctif demande du temps et surtout beaucoup d’entraînement.

Si le tir instinctif devient d’une simplicité enfantine et d’une incroyable précision, ce n’est qu’après avoir compris son mécanisme, s’en être imbibé, qu’il soit devenu pour vous un simple réflexe.

La différence entre un bon tireur et un excellent tireur, c’est quelques milliers de flèches.

L’arc et l’instinct forment un tout inséparable.

Si, de l’armement à la décoche, c’est une seule action fluide et irréfléchie, la concentration est intense, donc souvent difficile à maintenir lors des compétitions classiques.

Si l’on se compare à un tireur armant un arc muni de 36 accessoires d’assistances, d’un stabilisateur d’un mètre de long, voir d’un décocheur, il est clair que nous ne pratiquons pas le même sport, de la même façon

Alors pourquoi tirer instinctif ?

Souvent la décision de tirer instinctivement arrive avec l’expérience comme une envie d’un défi supplémentaire, d’une réaction devant la prolifération croissante et mercantile de la technologie dans l’archerie moderne, l’envie de s’engager dans un effort requerrant une totale implication de tout son être et retrouver des réflexes d’instinct souvent oubliés.

En bref faire en sorte que l’arc soit à votre service et non pas être au service de son arc.

Retrouver le plaisir de tirer, de ne plus être subjugué par des distances réglementaires, former un tout entre soi, son arc, sa flèche et le point à atteindre.

Il faut dans un premier temps acquérir la technique de base, c’est-à-dire une gestuelle adaptée à votre morphologie, à votre sentiment de confort, et répéter les phases armage, ancrage, décoche, encore et encore.

Le tir instinctif n’est que la reproduction permanente d’un même geste.

Utilisez dans ce dessein un arc de faible puissance, que les gestes soient faciles et indépendants d’un effort musculaire important,

Si les gestes de base sont les mêmes pour tous, ils peuvent s’adapter à votre personnalité, deux archers peuvent obtenir de bons résultats malgré une technique légèrement différente.

Le tir instinctif peut être pratiqué avec n’importe quel arc, à la condition sur certains arcs de supprimer toutes les assistances qui les encombrent.

Dès l’Antiquité, l’homme su pour la première fois emmagasiner une force, restituable à sa demande, ceci dans quatre des cinq continents, l’Australie n’ayant jamais connu l’arc.

L’imagination, les matériaux disponibles et l’habileté manuelle, permirent de concevoir et réaliser un nombre impressionnant de formes, généralement adaptées aux besoins vitaux comme la chasse ou la guerre.

Choisissez de préférence des arcs simples comme le longbow ou les arcs de chasse (bowhunter) mieux  adaptés et plus en harmonie avec la philosophie du tir instinctif.

Le longbow type est l’arc Anglais comme celui du légendaire Robin des Bois.

Il fut d’une exceptionnelle efficacité dans les batailles de Crécy, Poitiers et Azincourt.

À l’origine principalement fabriqué en if, de forme dite en D, il évolue et devient l’arc lamellé collé actuel, plus efficace et plus résistant.

Tout un romantisme tourne autour de cet arc de légende, ses adeptes sont des inconditionnels, et leur habileté dans son maniement souvent étonnant.

Mais l’inévitable évolution de l’archerie a poussé les facteurs d’arcs à rechercher plus d’efficacité, une meilleure rentabilité technique, un arc mieux adapté aux contraintes de la chasse. C’est en recourbant les branches qu’ils augmentent la vitesse de la flèche, diminuent notablement la longueur de l’arc et atténuent sensiblement le choc de la main.

Mais la quintessence, l’heureux mariage entre la tradition et l’efficacité, l’arc à la parfaite élégance qui convient pour l’ensemble des utilisations, c’est le Bowhunter.

Mais là également c’est une question de goût personnel.

Le comble du bonheur consiste à fabriquer soi-même son arc, mais ceci est un autre sujet que nous nous proposons d’aborder plus tard.

Pierre A.Sallin Baud-Bovy

 

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